Les 7 questions à poser au prestataire qui vous promet les clients que vous n'arrivez pas à trouver
Trouver de nouveaux clients, c'est dur. Ça fait peut-être des mois que ça n'avance pas assez vite chez vous.
Et justement, on vous en promet. Des sociétés toutes neuves vous contactent. Des rendez-vous tous les mois. Des listes d'entreprises prêtes à acheter. Le tout pendant que vous dormez.
C'est tentant. Vous avez peut-être déjà un devis sur le bureau.
Avant de payer, posez ces sept questions à celui qui vous démarche.
1. Voici la fiche de mon client idéal : sa taille, son secteur, le problème qu'il faut avoir pour acheter chez moi. Proposez-moi trois entreprises qui pourraient coller.
2. Voici comment on vend chez nous, étape par étape, du premier contact à la signature. Comment vous définissez la maturité d'un contact par rapport à ces étapes ?
3. Voici les cinq phrases que nos prospects nous sortent le plus souvent pour ne pas discuter avec nous. Comment vous les traitez ?
4. Voici ce qu'on cherche à obtenir d'un premier rendez-vous chez nous. Quelles questions vous allez poser pour l'obtenir ?
5. J'ai la liste des signes qui nous font dire, chez nous, qu'un client est chaud. Proposez-moi la vôtre, que je puisse comparer.
6. Sur cent entreprises qu'on contacte, on en signe tant, et il nous faut tant de semaines. Votre promesse, elle se cale comment sur ces deux chiffres ?
7. Dans six mois, on compare quoi : vos rendez-vous livrés, ou mes ventes signées ?
Pourquoi les contacts achetés ne deviennent pas des clients ?
Ces sept questions ont un point commun : pour les poser, il faut apporter quelque chose. Votre fiche client. Vos étapes de vente. Vos objections classiques. Vos chiffres.
Et c'est là que tout se joue, parce que la qualité de ce qu'on vous livrera dépend directement de ce que vous apportez.
Si vous lui donnez une fiche client précise, il cherchera au bon endroit. Si vous lui dites « des PME, un peu tout le monde », il vous livrera un peu tout le monde. Si vous lui listez vos objections habituelles, son message répondra à ce que vos prospects pensent vraiment. Si vous arrivez les mains vides, il enverra le même message qu'à son client précédent.
Une commande floue, un résultat flou. C'est ce que j'appelle la taxe sur le flou : le coût caché que paie une entreprise quand sa vente n'a ni cible écrite, ni étapes, ni critères.
Même un prestataire sérieux et IA-ready ne travaille qu'avec la matière qu'il reçoit. Sans matière, il ne va pas mal travailler par malhonnêteté. Il va improviser à votre place. Du générique, au prix du sur-mesure.
Vous paierez. Les contacts arriveront. Et rien ne convertira. Ce ne sera la faute de personne.
Un contact n'est pas un client. C'est quelqu'un qui frappe à votre porte. Si personne ne sait quoi lui dire, ni quoi lui proposer ensuite, il repart.
Combien coûte un prestataire de prospection, vraiment ?
Ce genre de service coûte environ 2 500 euros par mois, engagement six mois : c'est le milieu des tarifs que ces agences affichent elles-mêmes, entre 1 500 et 5 000 euros par mois. Quinze mille euros.
Mais le plus cher n'est pas là. Pendant ces six mois, une centaine d'entreprises auront reçu un message avec votre nom dessus. Elles auront dit non, ou rien du tout. Vous ne pourrez pas les recontacter avant longtemps.
Quinze mille euros dépensés, et votre marché abîmé.
Avez-vous vraiment besoin de plus de contacts ?
Cet été, j'ai ouvert le fichier de suivi d'une PME. Dix-huit affaires en cours, 235 900 euros au total. Et pas une seule avec une date de décision. Ce patron n'avait pas besoin de plus de contacts. Il en avait dix-huit qui attendaient. Il ne savait juste pas lesquels étaient mûrs, ni quand ils décideraient. Sur les sept questions, il ne pouvait pas en poser une seule : il n'avait rien à donner.
Mille contacts de plus n'auraient rien changé.
Je vends depuis assez longtemps pour le dire : ce problème ne se règle pas en achetant des contacts dont personne ne sait juger la qualité.
L'IA n'y change rien. Enfin, pas tout de suite.
Ces nouvelles sociétés ont un vrai talent : envoyer beaucoup de messages, vite, pas cher. Mais réfléchissez deux secondes. Si tout le monde peut envoyer mille messages, vos clients en reçoivent mille aussi. Ce qui compte, ce n'est plus d'envoyer. C'est de savoir à qui écrire, quoi dire, et quoi faire de la réponse.
Ça, l'IA ne le devine pas. Elle applique votre façon de vendre. Si votre façon de vendre est dans votre tête, ou dans celle de votre meilleur vendeur, et nulle part ailleurs, elle ne peut rien pour vous.
Par contre, le jour où votre vente est structurée, le client idéal écrit, les étapes posées, les mots qui marchent notés, les chiffres connus, alors oui : ces outils font des merveilles. Vous avez de quoi les nourrir, et de quoi juger ce qu'ils rapportent. Et là, ils travaillent vraiment pendant que vous dormez.
D'abord les règles. Ensuite la machine.
Par où commencer ?
Si vous n'avez encore rien mis par écrit de votre façon de vendre, ce n'est pas un fournisseur de contacts qu'il vous faut. C'est par là qu'il faut commencer : le langage, les étapes, ce qu'on attend de chaque rendez-vous. Dans mes missions, ça prend deux formes : la fiche du client idéal (l'ICP, celle que demande la question 1) et une grille de qualification comme SPICED, qui dit à chaque étape ce qu'on doit avoir obtenu du client pour avancer. Tout le reste s'achète après.
Alors, sur les sept, vous en tenez combien ?
Envie d'aller plus loin ? Lisez La taxe sur le flou commercial, l'article qui chiffre ce que le flou coûte à une PME.